20 juillet 2007
Autocross
Dimanche 15 Juillet, 8h. Même pour le boulot je ne me lève pas si tôt. Un dernier coup de fer à repasser sur mon polo, un peu de crème solaire sur le visage, je fais mon grand retour chez les secouristes.
Un poste de secours d'une journée sur un autocross. Comprenez des voitures allégées qui se poursuivent sur un circuit en terre afin de franchir en premier la ligne d'arrivée. Autant dire que je ne suis pas hyper fan. Qu'importe.
J'arrive à 8h30 sur zone. Les habitués m'expliquent les règles de sécurité spécifiques à ce sport. Des trucs avec des drapeaux que le hors-jeu à côté c'est de la gnognotte. Je fais équipe avec un pompier volontaire de mon village natal. Je sens que je ne vais pas m'ennuyer. Après moultes changements de stratégie, nous nous armons d'un sac d'immobilisation et d'un plan dur. Je porterai le plan dur. Selon le public, déjà nombreux pour l'heure, j'ai l'air d'une surfeuse. Surfeuse en pantacourt et polo XXL siglé FFSS, soit. Bravant dénivelés, chardons et autres agressives herbacées, nous nous installons près du circuit quand un commissaire de course nous fait des grands gestes. Ah, ok, nous ne sommes là que pour le public. Depuis toujours, nous secourons les pilotes et le public mais aujourd'hui, à T., les règles du jeu changent. Ahh, chef, si seulement tu faisais des conventions de poste écrites!
9h30, la course démarre. Il fait chaud. Deux ou trois cartons sans gravité. RAS.
12h, pause repas. Un homme, la cinquantaine fait un malaise devant nous, juste devant notre infirmerie. Un coup de chaleur apparemment. Le médecin de l'équipe constate des extrasystoles. On l'évacue vers l'hôpital le plus proche. On a demandé les pompiers, c'est finalement une ambulance privée qui arrive au bout de 20 minutes.
16h, deuxième coup de chaleur. Cette fois c'est une jeune femme, enceinte, qui a craint le soleil.
Il faut dire que nous même nous relayons pour prendre le frais dans l'infirmerie tant la chaleur est étouffante.
18h, fin supposée de la course. Nous sommes tous fatigués par le bruit, la chaleur et la poussière qui vole jusqu'à nos narines à chaque passage de voiture. L'autocross a pris beaucoup de retard. Il reste encore les finales. Moment de désespoir: allons nous dormir ici??
20h, c'est enfin terminé, après douze heures de présence sur le site. Et il faut encore ranger...
06 octobre 2006
La loi de Murphy
Qui n'a jamais entendu parler de la loi de Murphy, encore appelée loi de l'emmerdement maximum?
Voici la déclinaison appliquée aux postes de secours:
1)Les interventions ont toujours lieu toutes en même temps.
2)C'est toujours quand on a minutieusement vérifié le matériel qu'il tombe en panne.
3)Les hurlements sont inversement proportionels à la gravité réelle de la blessure de la victime.
4)C'est quand on a besoin de quelque chose qu'on s'aperçoit qu'on l'a laissé dans le véhicule.
5)Tout se passe bien sur le poste jusqu'à ce que l'organisateur de l'événement fasse un tour.
6)C'est au moment de plier que la seule intervention de la journée a lieu.
26 septembre 2006
Virades de l'espoir
Rien à signaler lors de ce poste de secours. Peu de participants à cause du temps plus que maussade.
Pélerinage à Ars sur Formans
C'est lors de ce poste de secours (le 4 août dernier) que j'ai fait ma première intervention. Une mamie trébuche dans les escaliers et s'écorche les genoux. L'émotion suscitée lui provoque ensuite un petit malaise sans perte de connaissance.
Je ne pense pas que je me proposerai pour ce poste l'année prochaine. Il s'agit d'un pélerinage catholique. Ambiance générale très bleu-marine. Peu importe. Plusieurs milliers de personnes dans un lieu confiné, c'est propice au malaise et à la deshydratation. Nous étions donc chargés de distribuer de l'eau aux pélerins lors de la messe. Nous nous sommes fait insulter, je dis bien insulter par (entre autres) des bonnes soeurs. Même si de nombreuses personnes nous ont remercié ou ont bénéficié de notre présence, je n'ai pas tellement ressenti les valeurs telles que la tolérance, la gentillesse qui sont pourtant si chères à ces personnes là. Je suis secouriste. Je n'attends pas de remerciement. Je fais ça par vocation. Mais je refuse de me faire insulter.
26 juin 2006
Course de côte
Samedi 24 Juin 2006, jour d'essais pour une course de côte comptant pour le championnat de France de la montagne.
11h, j'arrive au lieu de rendez-vous fixé par mon "chef". Je me tiens devant la salle polyvalente du village accueillant la course. Ca sent l'oeuf pourri. La station d'épuration de la salle a été judicieusement placée à côté de l'entrée, contre les cuisines. Je ne vois aucune tête connue. Je dois être en avance. A l'heure en fait, en avance de fait.
11h20, le chef arrive, accompagné d'un pitchoun qui doit avoir dans les 18 ans à tout casser, et d'un autre homme, la trentaine. Encore des pompiers. Dans cette association de secouristes, l'équation est finalement assez simple: homme=pompier+secouriste, femme=secouriste.
Nous nous mettons à table immédiatement, le repas est offert par l'organisation.
12h, nous partons nous mettre en place sur les différents postes en suivant le parcours de la course. Je me rends compte que chaque poste de secours est sous la responsabilité d'un seul secouriste. C'est mon deuxième vrai poste, je n'ai jamais eu à sauver qui que ce soit. Petite tachycardie.
J'emmène le pitchoun dans ma voiture jusqu'à son poste. Il a bel et bien 18 ans et s'étonne que je ne sois "que" secouriste. Un de plus.
12h15, je me mets en place à mon poste avec le matériel. Une trousse-de-secours-sac-à-dos, une couverture, un talkie-walkie, deux bouteilles de boisson, et...une chaise pliante. Prévoyant, le chef!
Je fais le tour de la trousse de secours, histoire de ne pas chercher partout ce dont j'ai besoin en cas de pépin. Je dévisse l'antenne de mon talkie pour en installer une de plus longue portée. Tu m'étonnes. Dépliée, elle est aussi grande que moi.
13h, test radio "poste 5, reçu fort et clair".
13h10, la première voiture dépasse mon poste. C'est la première d'une longue série. Mon poste est le dernier de la course. Situé 200 mètres environ après la ligne d'arrivée, il ne comporte a priori pas trop de danger de sortie de route. Les commissaires de course qui ont pour mission de les faire ralentir peuvent éventuellement se faire percuter.
Je fais connaissance avec les commisaires de course, les deux gendarmes et deux femmes qui relèvent les temps des coureurs.
13h30, je pars reconnaître les environs du poste, en contrebas, là où le public se tient pour regarder l'épreuve. S'agissant des essais seulement, je ne rencontre qu'un homme et ses deux fils. Il fait plus de 30 degrés à l'ombre, je suis chargée de ma trousse de secours, la pente pour remonter à mon poste est drôlement raide.
13h45, la reconnaissance est terminée et je suis en nage. Je décide de faire des rondes à peu près toutes les heures pour signaler ma présence aux personnes qui seraient arrivées entre temps.
18h, fin des essais. RAS. Pas de public dans mon secteur. Les commissaires sont entiers. Ouf. Ceci dit, j'étais sur le qui-vive durant toute l'après-midi, prête à intervenir sans hésiter.
Le pitchoun aura eu droit lui à une super sortie de route avec pilote sonné, médicalisation sur place par le SAMU. L'autre pompier, quand à lui a soigné deux coupures. Les autres secouristes qui avaient pris les postes restants n'ont pas eu d'incident à déplorer non plus.
BILAN: une connaissance approfondie de la formule 3, une blague graveleuse d'un coureur sur fond de jeu de mot douteux sur le sudoku, quelques phrases échangées avec les gendarmes et ne contenant ni les mots "permis de conduire", ni "infraction", et une meilleure confiance en moi...ne vous en faites pas, je suis là les gars...
31 mai 2006
Starmania
Hier soir, poste de secours au théâtre de Villefranche. Rendez-vous un peu avant 20 heures.
Pas moyen d'entrer dans de fichu théâtre. Une horde de collégiens en habits de cosmonautes vont et viennent tandis qu'une masse de parents s'agglutinent devant les portes.
20h, les portes s'ouvrent enfin me laissant me faufiler. Mes collègues sont déjà arrivées. Se seraient-elles téléportées?
Ce soir, nous sommes 4 et que des femmes. Notre "poste" se situe dans les coulisses. Poste, un bien grand mot. Une table, c'est tout.
Je connais déjà une des filles, qui était présente lors du concert, mais les deux autres ont juste entendu parler de moi. Je me présente donc. "T'es pompier?" me demande immédiatement la plus âgée d'entre nous (autour de 60 ans). Bah non. Cela à l'air de la surprendre et elle me dit que je devrais. Comme mon père d'ailleurs.
Nous partons rapidement reconnaître les lieux après nous être équipées de talkie-walkies avec oreillette et de lampe de poche. Mon neurone du sens de l'orientation est au bord de l'auto combustion mais je me surprends à schématiser le plan du théâtre dans ma tête. Retour au poste. Chacune à notre tour, nous irons nous poster de l'autre côté de la scène ou bien faire une ronde dans le public. Entre la chaleur des spots, l'émotion et l'anorexie latente des collégiennes, nous pourrions bien avoir du boulot.
Une heure cinquante, trois cookies et cinq cerises plus tard, le concert est terminé. Nous avons assisté à Starmania sans Balavoine et sans incident. Même pas un petit malaise, rien. Les collégiennes ne sont plus ce qu'elles étaient. Je rigole, bien sûr. Pendant près de deux heures, j'aurais eu le temps de réviser mon AFPS dans ma tête, de chercher une date de disponibilité pour passer le CFAPSE en 2007 (je suis une femme over-bookée!), toujours dans ma tête, et de me demander pourquoi je n'ai jamais pensé à rentrer chez les secouristes ou chez les pompiers auparavant.
Remballage du matos, désinfection des oreillettes, au revoir et à bientôt.
Ma prochaine mission: une course de côte dans le Beaujolais. Les bénévoles seront surtout des hommes cette fois-ci. Il me reste 3 semaines pour réviser ma mécanique et mon foot.
25 mai 2006
La trouille du SIDA?
C'est dingue. J'ai 24 ans, pile dans la génération SIDA, et je ne connais finalement pas grand chose à ce sujet.
Je relis mon manuel d'AFPS. Rien. Je fais une petite recherche sur le net. Pas de réponse à ma question.
Ma question? Elle est simple. Imaginons: je me ballade au parc et paf, un jeune tombe en roller et s'ouvre le bras sur une ballustrade. Bon, c'est une scène tout à fait plausible, non? Imaginons ensuite: j'arrive, la plaie n'est pas bien grave, saigne moyennement, je la lui nettoie. Un peu de sang me coule sur la main et, manque de bol total, je me rends compte après coup que j'ai une coupure au doigt. Et bien là, je fais quoi?
Sur tous les sites internet que j'ai parcourus, on parle de relations sexuelles, d'échange de serigues, parfois de piercing et de tatouage mais sur les trucs comme ça, un peu cons, rien. Dois-je en conclure que je ne cours aucun risque? Et pourtant...
Après consultation du site www.infectio-lille.com/VIH/actu05/11h25_AES_XDLT.pdf Je sais que si le sang auquel j'ai été exposée était contaminé, j'ai 0,3% de chance (sic) d'être infectée (contre 5 à 10% pour l'hépatite B et 22 à 31% pour l'hépatite C). Je sais aussi que c'est la même chose si je me pique accidentellement avec une seringue ou si je reçois du sang dans l'oeil ou dans la bouche.
Et surtout, maintenant, je connais la procédure.
Il faut d'abord nettoyer la plaie avec de l'eau et du savon, sans frotter.
Ensuite, désinfecter avec de l'eau de Javel diluée au 1/10e ou de l'alcool à 70° au moins 5 minutes, toujours sans frotter.
Enfin, demander à la personne son statut sérologique et se diriger vers le service d'urgences le plus proche.
Un traitement préventif peut être prescrit dans les cas où le risque d'infection pèse plus lourd dans la balance que les effets indésirables de la trithérapie.
Pour les autre cas, je vous conseille d'aller faire un tour sur http://www.monanneeaucollege.com/aides.htm
22 mai 2006
Discussions favorites
Quand un secouriste rencontre un pompier volontaire, de quoi peuvent-ils bien parler? On se demande vraiment.
Pour l'instant, j'ai en stock le récit du sauvetage d'un mec qui a fait une TS au Smecta...
