Devenir secouriste

Mon parcours et ma formation pour devenir secouriste

31 mai 2006

Starmania

    Hier soir, poste de secours au théâtre de Villefranche. Rendez-vous un peu avant 20 heures.
Pas moyen d'entrer dans de fichu théâtre. Une horde de collégiens en habits de cosmonautes vont et viennent tandis qu'une masse de parents s'agglutinent devant les portes.

    20h, les portes s'ouvrent enfin me laissant me faufiler. Mes collègues sont déjà arrivées. Se seraient-elles téléportées?
Ce soir, nous sommes 4 et que des femmes. Notre "poste" se situe dans les coulisses. Poste, un bien grand mot. Une table, c'est tout.
    Je connais déjà une des filles, qui était présente lors du concert, mais les deux autres ont juste entendu parler de moi. Je me présente donc. "T'es pompier?" me demande immédiatement la plus âgée d'entre nous (autour de 60 ans). Bah non. Cela à l'air de la surprendre et elle me dit que je devrais. Comme mon père d'ailleurs.
    Nous partons rapidement reconnaître les lieux après nous être équipées de talkie-walkies avec oreillette et de lampe de poche. Mon neurone du sens de l'orientation est au bord de l'auto combustion mais je me surprends à schématiser le plan du théâtre dans ma tête. Retour au poste. Chacune à notre tour, nous irons nous poster de l'autre côté de la scène ou bien faire une ronde dans le public. Entre la chaleur des spots, l'émotion et l'anorexie latente des collégiennes, nous pourrions bien avoir du boulot.

    Une heure cinquante, trois cookies et cinq cerises plus tard, le concert est terminé. Nous avons assisté à Starmania sans Balavoine et sans incident. Même pas un petit malaise, rien. Les collégiennes ne sont plus ce qu'elles étaient. Je rigole, bien sûr. Pendant près de deux heures, j'aurais eu le temps de réviser mon AFPS dans ma tête, de chercher une date de disponibilité pour passer le CFAPSE en 2007 (je suis une femme over-bookée!), toujours dans ma tête, et de me demander pourquoi je n'ai jamais pensé à rentrer chez les secouristes ou chez les pompiers auparavant.

    Remballage du matos, désinfection des oreillettes, au revoir et à bientôt.

    Ma prochaine mission: une course de côte dans le Beaujolais. Les bénévoles seront surtout des hommes cette fois-ci. Il me reste 3 semaines pour réviser ma mécanique et mon foot.

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26 mai 2006

Do you speak SAP?

Entrez dans le monde merveilleux du langage des secouristes et des pompiers...

Décaler : Partir en intervention

Pleins phares : Victime ayant les pupilles dilatées.

Un carton : Accident de la circulation.

Un piche : Personne en état d'ébriété.

Un client : Personne ayant souvent recours aux Pompiers .

Phraser : Discuter, parler.

Percuter : Réagir vite.

Delta : pour Delta Charlie Delta, soit DCD, c'est à dire mort

Pour finir, mes termes préférés quoique hors-sujet:

Majorette : Sapeur affecté à l'équipe de gymnastique.

Escabeau à roulette: échelle aérienne.

Camping car: fourgon de premiers secours relevage (parce que quand on y est affecté, on y passe la nuit)

Se prendre une craquée ou se faire craquer: se prendre une engueulade.

EDIT: pas la peine de laisser des com' pour des termes tels que sarceuse, démonter etc... laissons les aux initiés.

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Un brin d'histoire

Le jeudi 1er mai 1727, vers 10 heures du soir, meurt à Paris, rue des Bourguignons, François de Pâris, Diacre à Saint-Médard.

Fervent janséniste, dont la vie n’a été que pénitence et vertu, il a demandé à être enterré non dans l’église, mais avec les pauvres, dans le charnier qu’on appelait aussi le petit Cimetière.

Sa tombe devient un lieu de pèlerinage. Des convulsions s’y produisent, des miracles ou prétendus tels, y on eu lieu.

Pour favoriser la venue de cet état extatique, certains et certaines, raconte Hillairet, se livrèrent à mille extravagances.
Ces inspirés, les femmes surtout, se mirent à dévorer la terre située sous la dalle tombale de Pâris, à se faire tordre les seins, à se faire piétiner et fouler par des garçons vigoureux nommés les Secouristes, à se faire frapper de coups de bûches; ou bien ils avalèrent des charbons ardents, des bibles reliées, ou encore ils laissèrent tomber sur eux d’une grande hauteur un poids de 25 kilos, se firent clouer sur une croix, percer la langue, ratisser avec des peignes en fer, etc. Certains subirent ces supplices plus de vingt fois.

Des sectes se forment dont celle des Secouristes

Le premier usage connu du mot se trouve dans le journal d’Argenson (1750): " ils appellent  SECOURISTES  ceux qui leur donnent des coups d’épée ".

Pendant longtemps, cette appellation ne figurera que dans le récit des événements de Saint-Médard.

En 1875, le grand dictionnaire de Pierre Larousse, consacre une notice à Secouriste, mais toujours avec la même acception.

Ce n’est qu’avec la création de " La Société des Secouristes Français " le 23 décembre 1892, qu’en France la définition du mot secouriste prend son vrais sens.

En 1904, le nouveau Larousse Illustré donne cette définition : " membre d’une société de secours ".

Plus tard, le sens du mot se diversifiera et se nuancera : " Membre d’une organisation de secours pour les victimes d’un accident, d’une catastrophe; personne capable de pratiquer les gestes ou les méthodes du secourisme ".

Tiré de http://reanim.free.fr

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25 mai 2006

La trouille du SIDA?

    C'est dingue. J'ai 24 ans, pile dans la génération SIDA, et je ne connais finalement pas grand chose à ce sujet.
Je relis mon manuel d'AFPS. Rien. Je fais une petite recherche sur le net. Pas de réponse à ma question.
Ma question? Elle est simple. Imaginons: je me ballade au parc et paf, un jeune tombe en roller et s'ouvre le bras sur une ballustrade. Bon, c'est une scène tout à fait plausible, non? Imaginons ensuite: j'arrive, la plaie n'est pas bien grave, saigne moyennement, je la lui nettoie. Un peu de sang me coule sur la main et, manque de bol total, je me rends compte après coup que j'ai une coupure au doigt. Et bien là, je fais quoi?

    Sur tous les sites internet que j'ai parcourus, on parle de relations sexuelles, d'échange de serigues, parfois de piercing et de tatouage mais sur les trucs comme ça, un peu cons, rien. Dois-je en conclure que je ne cours aucun risque? Et pourtant...

    Après consultation du site www.infectio-lille.com/VIH/actu05/11h25_AES_XDLT.pdf Je sais que si le sang auquel j'ai été exposée était contaminé, j'ai 0,3% de chance (sic) d'être infectée (contre 5 à 10% pour l'hépatite B et 22 à 31% pour l'hépatite C). Je sais aussi que c'est la même chose si je me pique accidentellement avec une seringue ou si je reçois du sang dans l'oeil ou dans la bouche.
Et surtout, maintenant, je connais la procédure.

  • Il faut d'abord nettoyer la plaie avec de l'eau et du savon, sans frotter.

  • Ensuite, désinfecter avec de l'eau de Javel diluée au 1/10e ou de l'alcool à 70° au moins 5 minutes, toujours sans frotter.

  • Enfin, demander à la personne son statut sérologique et se diriger vers le service d'urgences le plus proche.

    Un traitement préventif peut être prescrit dans les cas où le risque d'infection pèse plus lourd dans la balance que les effets indésirables de la trithérapie.

Pour les autre cas, je vous conseille d'aller faire un tour sur http://www.monanneeaucollege.com/aides.htm

Posté par secouriste69100 à 22:40 - Anecdotes et retour d'expérience - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 mai 2006

Secourisme à l'école

   Je suis intimement convaincue qu'il ne faut pas rendre l'AFPS obligatoire, que ce soit en primaire, au collège ou au lycée.
   Bien sûr, trop peu de personnes sont formées en France. Bien sûr on pourrait sauver des vies supplémentaires. Les enseignants formeraient les élèves. Economies, économies. On couvre ça avec une démagogie écoeurante. "Les enseignants sont capables d'adapter la pédagogie, quelle que soit la matière enseignée, secourisme compris".
   Même après une formation pour apprendre à former, que penser d'un moniteur qui ne s'est jamais retrouvé en situation? Celui qui a pondu ça aurait-il oublié le nombre d'heures de cours pendant lesquelles il a dormi, tant le prof était ennuyeux?
   Tous les élèves n'aiment pas forcément l'école. Tous les élèves ne comprennent pas forcément la nécessité de connaître les gestes qui sauvent.  Bah oui, on n'est pas au pays des bisounours. Sensibiliser les élèves, oui. Les inciter à passer l'AFPS avec des pros, oui. Voir un ado commencer un massage cardiaque sur un malaise vagal parce qu'il n'a rien suivi, ou si peu, c'est hors de question.

   L'enseignement de l'anglais est bien obligatoire. Combien connaissez-vous de jeunes qui maîtrisent la langue? et qui la baragouinent? Eh bien moi, je ne veux pas être ramassée par une personne qui baragouine le prompt secours.

Posté par secouriste69100 à 23:20 - Point de vue - Commentaires [0] - Permalien [#]

Discussions favorites

Quand un secouriste rencontre un pompier volontaire, de quoi peuvent-ils bien parler? On se demande vraiment.

Pour l'instant, j'ai en stock le récit du sauvetage d'un mec qui a fait une TS au Smecta...

Posté par secouriste69100 à 22:16 - Anecdotes et retour d'expérience - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 mai 2006

Halte aux recettes de Grand-mère!

Posez la question dans votre entourage: "que faire si on a pris le hoquet?". Chacun y va de son petit conseil, qu'il croit être le meilleur. Boire à l'envers, faire peur, boire de l'alcool, faire le poirier... Et puis finalement, le hoquet passe. Il fallait juste attendre et du coup on s'est trouvé bien occupé, à faire des cabrioles et à renverser de l'eau de partout.

Posez maintenant la question :"que faire si je me brûle avec la casserole d'eau bouillante?". Là aussi, vous allez récolter de nombreux pseudo conseils, mais jamais les bons, pour votre plus grand malheur.

Les recettes de grand-mère pour les accidents de la vie courante sont légion.

Parmi elles:

  • Pour les brûlures: appliquer de l'huile, du beurre, de la glace, de la javel, des pommes de terre, de la purée de tomates, rebrûler un coup, appeler un enleveur de feu, tartiner du dentifrice...

  • Pour les ingestions de produits chimiques : boire du lait, boire de l'eau, vomir, manger du pain, boire de l'huile d'olive...

  • pour les entorses: obliger la personne à marcher, tirer sur l'articulation, tremper le pied dans une bassine d'eau chaude salée...

  • Pour les plaies: mettre de l'urine dessus, réouvrir une fois pendant la cicatrisation...

  • Pour les morsures et les piqûres: mettre une goutte de javel dessus, faire un garrot...

  • Pour un saignement de nez: mettre un clef dans le cou, pencher la tête en arrière...

  • Pour un saignement ou une hémorragie: mettre de la farine, du poivre...

N'hésitez pas à donner les votres en commentaires, pour compléter la banque de données

Posté par secouriste69100 à 19:13 - Idées reçues - Commentaires [3] - Permalien [#]

18 mai 2006

Retour au premier moniteur

Ken est de retour ce soir. Certaines filles sont toutes fofolles. On doit apprendre la réanimmation cardio pulmonaire et la position latérale de sécurité. Le cours est très détendu (trop?). Nous avons tous apporté de quoi grignoter ainsi que des jus de fruits.

Là encore la séance est très pratique. Nous formons des binômes et nous nous mettons mutuellement en PLS dans tous les sens possibles, histoire de ne pas être décontenancés si on apprend du côté droit et qu'on doive la réaliser du côté gauche. Ca peut paraître ridicule comme ça mais certaines personne n'ont pas une grande capacité de rotation mentale.

On met sur le côté uniquement les victimes INCONSCIENTES qui RESPIRENT. C'est tout.

Phase finale de notre formation: le massage cardiaque externe. A réaliser sur une victime INCONSCIENTE, qui NE RESPIRE PLUS. Nous nous entraînons sur des mannequins: adulte, enfant et nourrisson. Il ne faut pas hésiter à enfoncer la cage thoracique. 4 à 5 cm pour l'adulte, c'est profond. C'est une manoeuvre qui me demande un peu plus d'efforts que les précédentes car je n'appuie pas assez fort sur le mannequin adulte.

La formation touche à sa fin. Nous fixons une date avec le moniteur pour fêter notre remise de diplômes dans une atmosphère guillerette. Les boutades fusent...

Posté par secouriste69100 à 17:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 mai 2006

Les brûlures

Après le point sur les malaises, nous avons abordé le module concernant les brûlures. Il y a toujours quelqu'un autour de nous pour donner des conseils "de grand-mère" à un brûlé. Le plus souvent, ces conseils aggravent plus la lésion qu'autre chose.

Pourtant c'est si simple. L'eau est l'antagoniste du feu. Donc la seule chose à faire en cas de brûlure thermique est de placer la lésion sous l'eau du robinet pendant 10 minutes.
Si ça cloque sur une surface supérieure à la demi paume dde la main de la victime, si c'est noir ou si c'est blanchâtre, c'est grave donc on fait le...18 ou le 15!

  • Pour les brûlures chimiques externes, à poil et direction la douche!

  • Pour les brûlures chimiques internes, allo 18 ou allo 15 ou allo centre anti poison et surtout on ne fait rien manger ni boire. L'augmentation du volume de liquide dans l'estomac va en brûler un plus grande partie encore.

  • Pour les brûlures électriques, rien à faire de particulier si ce n'est alerter les secours bien sûr.

La séance se termine sur une mise en situation. Je me propose pour faire le secouriste. Lorsque je reviens dans la pièce, la future monitrice de voile tient une bouteille à la main, titube et présente une grosse plaie au bras, incrustée de morceaux de verre (super bien imité je dois dire). Le moniteur me précise juste qu'il y a du sang de partout. Il n'a pas poussé le réalisme jusqu'à pourrir la salle de classe.
J'ordonne à la femme de poser la bouteille et je l'écarte en même temps et ni une ni deux, point de compression sous huméral. Je crie "au secours!". Quelqu'un me répond. Je lui demande de faire le 18 et lui donne le message à transmettre aux pompiers. Isolée, j'aurais fait un garrot pour me libérer afin d'alerter moi même.
Seule ma position était un peu inconfortable donc à améliorer mais ma prestation me vaut un "c'est bien, c'est même très bien" de la part de l'instructeur.

La banane toute la soirée. Je suis toute fière. Je suis encore petite...

Posté par secouriste69100 à 17:38 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Malaise(s)

Ce soir, nous abordons le vaste sujet des malaises. Tous les malaises. Inutile de demander "Et si c'est une crise d'épilepsie? Et si c'est un malaise cardiaque? Et si...?" précise le moniteur. On voit la conduite à tenir valable pour tous les malaises.

Etre pris d'un malaise, c'est se sentir mal à l'aise. Cela se traduit par une douleur, une pâleur, une agitation ou bien encore des sueurs ou une paralysie partielle. Qui ne s'est jamais retrouvé en présence d'une personne qui tout d'un coup nous dit "oulala ça va pas du tout..."?

Dans ces cas là, il faut poser 4 et seulement 4 questions à la victime:

  • Est-ce la première fois?

  • Depuis combien de temps ça dure?

  • Un traitement médical?

  • Une maladie connue ou une hospitalisation récente?

La victime sera toujours mise en position semi assise au sol. Aucun risque de tomber plus bas en cas de perte de connaissance.

Alerter les secours en précisant bien la réponse à chacune des questions posées et attendre les instructions.

Posté par secouriste69100 à 17:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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